Ayant deux jours de congé, Kevyn avait décidé de se faire un week-end prolongé à Strasbourg. Pour la plus grande joie de sa maman. Compte-rendu de ces chaleureuses journées. 

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En ce vendredi 22 juin, on devait chercher Kevyn à la gare à 23 h40. C'était sans compter sur les caprices de la SNCF qui, au dernier moment, annula le train qui devait l'emmener de Bordeaux à Paris. Il fut donc obligé d'en prendre un autre et loupa sa correspondance Paris-Strasbourg. Fou de colère, il s'engueula avec un contrôleur. Il n'était pas le seul. Les gens commencent à en avoir ras la casquette de la SNCF qui prend continuellement ses clients en otage pour arriver à ses fins. Le fiston de Thaly dut donc passer la nuit dans la capitale. En guise de dédommagement il eut droit à un plateau-repas et à une chambre dans un hôtel 3 étoiles. Encore heureux ! Quand il appela sa mère depuis l'hôtel, j'ai lancé à Thaly : "dis-lui bien qu'il mette l'alarme de son portable." Ils ont rigolé tous les deux. Son train partant tôt, je craignais qu'il ne se réveille pas à l'heure. Finalement il est arrivé à Strasbourg le samedi à neuf heures. L'apéro pris dans la joie lui permit d'oublier son pénible périple. Fous rires et discussions furent alors au rencard.

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Ma douce femme était radieuse : son fiston était là, en forme et content à l'idée de passer quelques jours avec nous. On a causé de tout et de rien, à commencer par son travail. En l'écoutant parler, on sent qu'il a mûri. Il a appris la vie, en a pigé les règles et il s'est endurci. Il est calme, posé et rit de bon coeur. Il a aussi raconté ses soirées avec les potes, ces moments où il peut s'éclater et décompresser. Puis, tandis que Thaly préparait à la cuisine du confit de canard (avec frites-maison) on s'est mis à causer de musique. Moi tu me branches zique, je démarre illico. Kevyn m'a confié ne pas aimer le rap avant de me faire écouter ses trucs à lui : du jazz hop ou de l'électro teinté de nuances jazzy. Surprenant mais intéressant et agréable. Il précisa ensuite qu'il aimait également AC/DC, System of a down ou Slipknot. Enfin des groupes que je connaissais. 

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De temps à autre je le laissais seul avec sa maman. C'est ainsi qu'ils évoquèrent des souvenirs, installés sur le canapé. Ma petite femme en a profité pour sortir les albums-photos et tous deux ont pris plaisir à les feuilleter. Au vu de certaines photos, d'autres moments passés leur revenaient en mémoire et Kéké a aussi évoqué son père. Lui et Thaly étaient dans leur bulle et j'étais content pour eux. Comme il se lève chaque matin à 5 heures pour aller bosser, Kevyn voulait mettre à profit ces quelques jours pour se ressourcer, récupérer, se reposer. Ainsi ne sommes-nous sortis que le troisième jour. On a filé à Kehl vu qu'il voulait se prendre du tabac et ramener des cartouches aux copains puis on s'est un peu promenés au bord de l'eau... après être passés par un petit parc pour enfants. Tellement heureuse d'être avec son fiston, Thaly a fait l'andouille, espiègle et déchaînée. 

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En fin d'aprème, j'ai à nouveau laissé la mère et le fils discuter sur le balcon. Je les entendais tchatcher et rire sous les aiguillons du soleil. J'ai fini par venir au balcon et là j'ai vu ma petite femme en larmes. Inquiet, j'ai demandé pourquoi elle pleurait. Elle ne parvint pas à parler de suite tant elle hoquetait. Au bout d'une trentaine de secondes elle m'a relaté la scène. Elle avait dit à son fils : "je t'aime mon Kéké" et il avait répondu "moi aussi je t'aime". Elle s'était alors levée de sa chaise pour le prendre dans ses bras et il l'avait serrée tout fort. Elle avait fondu. Ces deux là avaient enfin envoyé bouler leur foutue pudeur. Ni Thaly ni Kevyn n'arrivent à se lâcher, à exprimer leurs sentiments. Il y a énormément de sensibilité et de tendresse en eux mais ils ont toujours peiné à se livrer. Cette fois-ci, enfin, le carcan avait claqué. La pudeur c'est bien mais un "je t'aime" de temps à autre c'est tellement mieux. C'est ainsi que je pourrais résumer ces quatre jours qui ont passé trop vite : beaucoup d'amour, d'émotions et une infinie tendresse, le tout ponctué de formidables éclats de rire.