C'est le lundi 28 mai qu'un taxi-ambulance a emmené ma maman en cure au Muesberg, un centre de réadaptation du Haut-Rhin. Celui-ci est situé à Aubure, à 75 km de Strasbourg et à 800 m d'altitude. Carole nous a emmenés la voir et je l'en remercie vivement. On a trouvé ma maman en forme. Suite à son opération, elle a eu 26 agrafes à hauteur de sa hanche droite mais la voila qui part d'une démarche assurée relativement rapide pour nous faire visiter l'établissement. Ca fait plaisir de la voir comme ça. Plus rien à voir avec l'époque où elle traînait la jambe en grimaçant de douleur. Elle nous montre la salle à manger, vaste et lumineuse en précisant qu'à partir de la semaine suivante les repas seront servis dans les chambres. Pourquoi ? Elle n'en sait rien et, d'ailleurs, ne demandera pas. Elle est discrète, ne veut embêter personne. Pas comme sa camarade de chambre, une mamie de 95 ans qui sonne toutes les dix minutes, exaspérant le personnel à la longue. Ma mère nous montre ensuite la salle où le kiné la fait travailler le matin puis l'endroit où se trouve la piscine. Elle nous propose d'aller au parc, un endroit charmant situé devant l'établissement que l'on a vu en arrivant.

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Avec ses bancs plantés autour d'une fontaine, le parc est fort agréable. Il y a également un puits aux abords fleuris et une gloriette où les malades peuvent papoter en s'abritant du soleil. On prend place sur un banc et on se met à discuter. Ma petite maman cause beaucoup, raconte ses journées. On voit qu'elle a le moral, qu'elle est soulagée de ne plus avoir mal en marchant. Elle s'exclame : "je suis en vacances" et rit de bon coeur. Ici tout est fait pour que les patients se sentent bien. Des ateliers de couture, de pâte à sel, d'art plastique ou de scrapbooking sont proposés aux curistes. Le planning est affiché dans le couloir. 

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La semaine d'après, Thaly n'est pas venue avec Carole et moi. Turtle ayant des soucis avec ses pattes arrière (il flanche quelquefois) elle préférait le surveiller et lui donner les médocs prescrits trois jours plus tôt par le véto. Chemin faisant, Carole me parle de ses examens à venir. Elle stresse, ne cesse de s'entraîner mais je suis sûr qu'elle décrochera son CAP de chocolatière. On retrouve ma maman qui nous reçoit avec un grand sourire. On décide d'aller au parc mais un médecin la hèle. On va lui enlever ses dernières agrafes. J'en profite pour dire au médecin ce que ma maman me dit le soir au téléphone : "elle espère rentrer jeudi". Logiquement elle devrait rester jusqu'au lundi suivant mais la toubib (une femme très gentille) me répond : "eh ben je vais préparer les papiers". Ma mère fait ses petites balades, fait ses mots mêlés, une sieste au coeur de l'après-midi mais il est certain qu'à la longue elle doit s'ennuyer. Thaly ne comprend d'ailleurs pas qu'elle n'ait pas voulu prendre la télé.

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Tout en discutant sur le banc, je remarque que le ciel se fait menaçant. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber. Maman réintègre l'établissement. Nous partons non sans avoir fait quelques photos devant le puits tellement bien garni de fleurs chatoyantes.

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Jeudi 14 juin au matin. Thaly et moi arrivons chez ma maman pour remplir son frigo et faire un peu de ménage. L'appart semble nickel mais on passe tout de même l'aspirateur et on balaie le balcon. La veille, ma maman m'a dit qu'elle partira en VSL à dix heures du matin. Ce n'est que vers 11 h30 qu'elle arrivera, un large sourire aux lèvres. Elle file la pièce au chauffeur et je l'aide à monter ses bagages. Elle serre tout fort Thaly en lui faisant la bise puis prend place sur une chaise. "J'ai soif" nous dit-elle. On se paye une bonne bière fraîche. "Oh que je suis contente d'être à la maison" confie-t-elle alors. Comme on la comprend ! Une bonne chose de faite.