Le jeudi 24 mai au matin ma maman se faisait opérer de la hanche. Elle souffrait trop depuis des mois ; marcher était devenu un calvaire. En plus de son foutu cancer du sein, elle se retrouvait avec cette insoutenable douleur. C'est hélas la triste loi des séries. Quand t'as un souci, faut qu'un autre pépin déboule. Et c'est ce dernier qui prend le dessus. Aussi ma mère pensait-elle moins au cancer qui l'amaigrit et l'affaiblit, sa priorité étant de pouvoir à nouveau marcher sans avoir mal. Avant l'opération elle dut se faire tirer des dents, lesquelles ont été remplacées par un appareil. Elle n'en pouvait plus de toutes ces démarches. Et voila que le 24, alors que je m'apprêtais à aller à l'hôpital, ma soeur m'envoie un texto m'informant que maman est encore en salle de réveil, que ce n'est pas la peine que je vienne vu qu'elle serait assurément dans le cirage. J'ouvre ici une parenthèse pour dire que oui, on se reparle ma soeur et moi. En août prochain, ça aurait fait quatre ans que ça n'était pas arrivé. Pourquoi ne se causait-on plus ? J'ai jamais trop compris, même si j'ai mes explications à moi. Mais ceci est une autre histoire. J'ai donc rappelé Eliane et on a causé une vingtaine de minutes sans approfondir cette mystérieuse période silencieuse. Ce même 24 mai vers 18 h, ma soeurette, toute guillerette, me téléphonait. "Ecoute, j'en reviens pas, Maman va bien, je te la passe" me dit-elle. Et ma mère de me confier qu'elle se sentait bien, qu'elle était sur une chaise en train de discuter avec Eliane. Quel soulagement ! Une bonne chose de faite. Le lendemain pourtant, quand je suis allée la voir, elle était sur son lit. Elle me confia être moins bien que la veille. Quand je l'ai revue ensuite, c'était pour la fête des Mères. Thaly m'accompagnait. Ma maman était toute belle avec un t-shirt coloré. Elle allait nettement mieux mais n'a pas souhaité manger de suite les portions de Schwartzwälder qu'on lui avait amenées. A l'heure où j'écris ces lignes, elle a été emmenée en ambulance au Muesberg à Aubure pour une cure de trois semaines. "Je pars en vacances" nous a-t-elle dit en souriant. J'espère que ça ira là-bas pour elle. J'en parlerai prochainement.

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