C'est un miracle ! Lytchie avait disparu pendant douze jours et, au matin du treizième, elle est rentrée. Récit d'une semaine et demi ô combien douloureuse avec, heureusement, une fin heureuse.

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Quand Thaly est partie faire les courses le lundi 28 août au matin, elle pensait trouver Lytchie sur le perron, attendant sagement comme chaque fois qu'elle sortait la nuit. Elle n'était pas là, n'était pas non plus dans son abri favori devant la maison, sous les taillis. A midi elle n'était toujours pas revenue et comme on connait ses habitudes ça a commencé à nous inquiéter. On a alors arpenté notre rue et les rues voisines en l'appelant, en tendant l'oreille. J'y suis d'abord allé puis, un peu plus tard, Thaly a fait de même. On l'a cherchée partout, on a parlé aux voisins. Lytchie... Lytchie... Nos appels restaient sans réponse. On est sortis de nuit en espérant qu'elle brise le silence d'un miaulement. En vain. On s'est dit qu'elle était probablement enfermée quelque part vu que, comme tous les chats, c'est une petite curieuse. On a alors empli les boîtes aux lettres de notre rue et des rues adjacentes d'un mot demandant aux gens de bien vouloir regarder si, par hasard, elle n'était pas prisonnière dans leur garage, leur cave ou leur abri de jardin. Par le biais de Facebook, Thaly a demandé l'aide de Pet Alert qui, sur ce réseau social, publie des annonces de disparition d'animaux, permettant ainsi aux gens de partager l'information.

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Je me remémorais le jour où on l'avait cherchée à St-Nabor. On savait qu'il y avait deux chatons et, en route, j'avais demandé à Thaly lequel elle choisirait. Elle avait répondu : "celui qui viendra vers nous". Lytchie vivait déjà dehors à cette époque là. Elle était près d'un tas de bois et elle est de suite venue vers Thaly, se frottant à ses jambes. Plus de neuf ans ont passé depuis et nous voici malheureux, désespérés. Cela fait dix jours que la fifille est partie et moi, perso, je commence à ne plus y croire, me demandant s'il est possible de survivre autant de temps sans manger ni boire. A vrai dire tout nous est passé par la tête et on s'efforçait de rejeter l'idée que quelqu'un lui ait fait du mal. Non, pas ça, par pitié ! Mais on lit tant de vilaines choses. On n'imaginait pas non plus que Lytchie ait brusquement eu l'envie de se lancer dans une escapade insensée. Celle-ci ne s'en allait jamais plus de 24 heures. On a aussi appelé la SPA pour voir si quelqu'un l'aurait amené là-bas. On nous a alors donné les coordonnées du groupe SACPA Chenil Service que l'on a aussitôt contacté. C'est un groupe qui recueille les animaux errants. Peut-être auraient-ils trouvé la fifille vadrouillant dans les rues. C'est qu'elle avait pris ses marques dans le quartier, connaissant toutes les combines, rentrant parfois chez la proprio habitant au rez-de-chaussée pour manger dans la gamelle de son chat. Aimant les chatounets, la mamie la laissait faire puis nous sonnait pour dire que Lytchie était là. 

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Durant ces douze jours d'angoisse, Thaly ouvrit plusieurs fois la fenêtre précipitamment, croyant entendre Lytchie miauler. Ca me faisait râler un peu car j'avais à chaque fois une fausse joie. Et de me demander : "où as-tu donc posé tes petits chaussons blancs, Lytchie ?" Dans le même temps, les ouvriers sont arrivés, ont dressé les échafaudages, la proprio ayant demandé la réfection du toit. Ca fait un bruit fou, Pipou et Turtle ont filé aux abris. Les tuiles ont été enlevées, jetées dans un camion-benne, la charpente a été retapée et ça nous a contrarié. Si jamais Lytchie revenait, n'allait-t-elle pas être effrayée par tout ce tumulte ? On l'appelait le soir et même dans la nuit quand le silence redevenait roi mais elle n'était pas là.

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Samedi 9 septembre, treizième jour. Thaly se rend à la loggia, entend miauler. Il est 9 h30. Pensant que c'est Pipou qui vient quémander quelque nourriture, elle se retourne mais notre petit gourmand n'est pas près d'elle. Elle entend à nouveau miauler, ouvre la fenêtre et appelle Lytchie. Elle perçoit encore des miaulements et, soudain, aperçoit la fifille. "J'arrive ma chérie !" crie-t'elle. Elle se pointe en coup de vent près du lit où je traînasse. "Lytchie est là !" Jamais je ne me suis levé aussi vite. Et jamais Thaly n'a descendu aussi rapidement l'escalier. La voila qui revient avec Lytchie. Oh quel bonheur ! Notre fifille se dirige vers les gamelles, mange, mange et mange encore. Puis elle va boire. Elle est amaigrie mais pas trop affaiblie. On la caresse, on lui fait des câlinous. J'ai un peu de pluie sous mes lunettes. Câlinant Lytchie qui se blottit alors contre elle en ronronnant, Thaly craque à son tour. A nos larmes de désespoir succèdent des larmes de joie. Tandis que la fifille va s'allonger (photo ci-dessous) on prévient tous ceux qui nous ont soutenu et Carole lance alors cette phrase magique dont je me sers ici comme mot de la fin : "Lytchie, c'est une warrior !" 

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