Tout le monde connait "Hotel California", ce morceau qui permit aux Eagles d'être mondialement connus. Mais si ce titre est effectivement fabuleux, bien d'autres morceaux du répertoire de ce groupe si talentueux méritent qu'on y prête une oreille attentive.

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Tout commence au début des années 70 lorsque Glenn Frey, Don Henley, Randy Meisner et Bearnie Leadon décident de fonder un groupe. Jusqu'alors ils accompagnaient la chanteuse Linda Ronstadt. Dès leurs débuts, ils connaissent le succès grâce notamment à "Take it easy". Leur second album (Desperado) va les propulser vers les sommets.  Les choeurs harmonieux, le banjo de Bernie Leadon et des compositions haut de gamme charment les auditeurs. "Out of control", violent et très rock contraste avec la douceur de "Saturday night" alors que "Twenty-one" ou "Tequila sunrise" confirment les influences country chères au groupe.

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L'album "On the border" me paraît  inférieur aux précédents et pourtant il est important pour deux choses. D'abord la présence de l'impérial "Already gone", ensuite parce que Don Felder, formidable guitariste, intègre le groupe. Paru en juin 1975 l'album "One of these nights" est une pure merveille avec ses titres-phare : "One of these nights", "Lyin' eyes" et "Take it to the limit". Bernie Leadon décide pourtant de quitter le groupe, lequel engage alors Joe Walsh. C'est dans cette nouvelle composition (Henley-Frey-Felder-Meisner-Walsh) que les Eagles vont créer la merveille des merveilles : "Hotel California", extraite de l'album du même nom qui paraît en décembre 1976. Ce n'est pourtant que début 1977 que la France prend connaissance de ce titre. Eh oui, à l'époque il y avait un décalage entre les sorties de disques aux States et en Europe. C'est Don Henley, le batteur, qui assure le chant alors que les trois quarts du temps c'est Glenn Frey qui s'y colle. Si quasiment toutes les chansons de cet album sont remarquables, j'aimerais toutefois citer le titre "New kid in town" que je trouve absolument fantastique. 

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En concert les cinq musiciens parvenaient à reproduire à la note près leurs chansons, associant leurs voix sublimes pour les refrains, ce qui me fait penser que l'album live qui sortira en 1980 n'est pas indispensable. Mais avant ce double 33 tours en public sortira "The long run", un album à la pochette noire. Est-ce parce que le groupe allait mal ? Le succès étant à présent immense et les Eagles étant enfin, vraiment, connus et adulés dans le monde entier, des tensions naquirent au sein du groupe et Randy Meisner claqua la porte. Il fut alors remplacé par Timothy B. Schmitt. Ce "The long run" est loin d'être le meilleur album de la bande à Don Henley. Seuls trois morceaux m'emballeront à l'écoute de cette galette à l'automne 1979 : "Heartache tonight", une sorte de disco-rock, le nerveux et pétillant "The Greeks don't want no freaks" et "I can't tell you why". Quoiqu'il en soit, les membres du groupe annoncent à ce moment là que cet album est bel et bien le dernier, Don Henley allant même jusqu'à dire qu'il faudrait qu'il gèle en enfer pour que le groupe se reforme.

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Il se souviendra de cette phrase qui servira de titre à l'album célébrant la reformation du groupe en novembre 1994. L'album "Hell freezes over" ne contient que quatre nouveaux titres auxquels sont ajoutés des morceaux anciens joués en public. Mais parmi ces nouvelles compositions se trouvent deux pépites : le percutant "Get over it" et la sublime ballade "Love will keep us alive". Pendant cette longue absence, Glenn Frey, Don Henley et Joe Walsh se sont consacrés à une carrière en solo. Après l'album "Hell freezes over" il y aura à nouveau un long silence puisque le double album "Long road out of Eden" ne sortira qu'en 2007. Ca me fait mal de le dire tant j'aime les Eagles mais cet album n'offre plus la magie des premières oeuvres. Il ne fut prétexte qu'à une tournée du groupe mais bon, c'était sympa d'avoir proposé de nouvelles chansons. On va dire ça comme ça, d'autant plus que le talentueux Don Felder fut évincé. Le 18 janvier 2016, Glenn Frey, s'en allait au paradis des rockers à l'âge de 67 ans, marquant ainsi (probablement) la fin définitive du groupe qu'il avait fondé.