Ils l'ont fait ! Oui les joueurs du Racing ont gagné en ce vendredi 19 mai 2017 le match qui leur permet de retrouver la Ligue 1, l'élite, l'eldorado. Ils avaient la pression mais ils ont parfaitement maîtrisé leurs nerfs face à Bourg-en-Bresse et n'ont pas échoué dans leur mission. Il leur fallait absolument gagner ce match et ils l'ont emporté 2-1.

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Ca va bientôt faire neuf ans que ma belle Thaly a quitté sa Gironde natale et qu'elle me demande, quand je lui parle de football, quand est-ce qu'il y aura un match Racing-Bordeaux à la Meinau. A l'époque je lui disais que ce ne serait pas pour tout de suite. Mais ça y est, ce sera pour la saison prochaine. Durant des années le Racing aura été au plus bas avec un dépôt de bilan et une relégation en CFA2. Des gestionnaires à la gomme avaient propulsé mon club chéri en enfer. Marc Keller est alors revenu pour relancer le club, s'efforçant d'avoir une gestion saine. Joueur international (6 fois en équipe de France) il incarne les valeurs alsaciennes et peut être considéré comme l'un des hommes importants de la remontée du club. Un autre homme fort, Jacky Duguéperoux, va permettre au Racing de se dépêtrer des pièges du National pour retrouver la Ligue 2. Duguépéroux c'est d'abord le joueur qui remporta le titre de champion de France 1979 avec le Racing avant de lui faire gagner deux coupes de la Ligue en 1997 et 2005 en tant qu'entraîneur. Du CFA2 à cette Ligue 2, le Racing aura établi de nouveaux records d'affluence tant les supporters auront été présents, ne lâchant jamais leur club chouchou. C'est ainsi qu'en National (qui équivaut à la troisième division) il y aura une moyenne de 10 000 spectateurs à la Meinau pour soutenir les Bleu et blanc. Phénoménal ! C'est avec l'ascension en Ligue 2 que naîtra le slogan "nous ne sommes pas 11 mais des milliers".

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En Alsace, la passion pour le Racing est si grande qu'elle en est palpable. C'est intense, immense et les supporters méritent aussi mille bravos. La descente aux enfers aura abattu toute une région mais comme le disait Jérémy Grimm après une défaite face à Reims : "un alsacien se relève et retourne au charbon pour mettre les bouchées doubles". Du simple mais enthousiaste supporter aux joueurs en passant par le staff et les employés, c'est le coeur qui parle. Un coeur bleu et blanc. Lorsque Duguépéroux avait annoncé qu'il n'entraînerait pas l'équipe en Ligue 2, ça m'avait attristé. Keller eut alors le nez fin en enrôlant Thierry Laurey (photo ci-dessous à gauche) qui, deux ans plus tôt, avait fait monter le Gazélec d'Ajaccio parmi l'élite. Je l'avoue, je le trouvais un peu frileux quand il déclarait qu'il visait simplement le maintien. Je lui en voulais aussi, pendant les matchs aller, de ne pas titulariser Blayac mais avec le recul je me dis qu'il avait certainement ses raisons. Tout s'est alors emballé lors des matchs retour où, malgré quelques couacs, le Racing s'est montré dominateur avec une attaque de feu. Laurey demeurait réservé dans ses propos mais il aura su amener ses troupes vers les sommets, devenant ainsi un autre homme fort du Racing.

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Ce Racing m'a fait vibrer pour la première fois un soir d'automne 1965. J'avais douze ans et je découvrais le stade de la Meinau lors d'un Racing-Lyon qui s'était achevé sur le score de 0 à 0. Quelques mois plus tard, le Racing gagnait la Coupe de France en battant Nantes, ultra-favori, 1-0. Des souvenirs et des émotions j'en ai plein, à commencer par l'épopée glorieuse de 1979 quand Gilbert Gress mena ses troupes au titre de champion de France. Je ne vais pas tout citer mais il y eut aussi la baffe infligée à l'OM (4 à 1) à l'époque du tandem Ljuboja-Niang ou le fantastique match de barrage de mai 1992 où le Racing avait étrillé Rennes sur le score de 4 à 1. Il y eut également quelques enivrantes soirées européennes comme cette victoire 3-0 contre Liverpool. Quel plaisir ce fut de voir au fil des années des joueurs comme Osim, Molitor, Kaniber, Reichert, Dropsy, Specht, Sauzée, Leboeuf, Cobos, le regretté Vincent Sattler (promis à un bel avenir mais décédé à l'âge de 19 ans dans un accident de voiture) Mostovoi, Hasek et autres Djorkaeff. Il y en a eu, bien sûr plein d'autres mais je tiens à ajouter les combattants de cette année qu'auront été Gonçalves, Boutaïb, Lienhard (et son pied gauche magique) ou encore N'Dour. Bien sûr que toute l'équipe est à féliciter car ces gars là se sont battus avec une épatante force de caractère et personne ne l'a joué solo comme le précisait récemment Thierry Laurey.

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On va maintenant attendre le calendrier de la saison prochaine pour savoir quand le Racing affrontera Bordeaux à la Meinau. Je me réjouis à l'idée de faire découvrir ce stade mythique à ma petite femme chérie. Et un mot d'ordre, un seul : "Allez Racing !"